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La réforme du collège, entreprise par la ministre Najat Vallaud-Belkacem, est, en ce qui concerne l'enseignement des langues, un très bon exemple d'une politique contradictoire qui affiche des ambitions sans se donner les moyens de les réaliser. Cette politique prétend vouloir élever le niveau en langues de deux manières : - au niveau de l'école primaire, en commençant les enseignements linguistiques au CP et non plus en CE1.
- au niveau du collège, en commençant l'enseignement de la seconde langue en classe de cinquième et non plus en quatrième. Dans sa première version le projet prévoyait de faire effectuer aux élèves en trois ans le même nombre d'heures qu'en deux ans précédemment, mais devant la vague de protestations, le nombre d'heures hebdomadaires est passé de 2 heures par semaine au lieu de 3 jusqu'à présent, à 2 heures 30. Donc on a effectivement une augmentation du nombre d'heures en langues vivantes sur la durée d'une scolarité.
Par l'avancement de l'enseignement des langues vivantes dès la première classe du primaire (le CP), l'exposition à la langue en classe augmente de 54 heures, dans la réalité au profit quasi-exclusif de l'anglais, à raison d'1 heure et demie par semaine sur 36 semaines.
Par l'allongement de l'enseignement de la LV2 sur 3 ans au lieu de 2 à raison de 2h30 par semaine au lieu de 3 heures par semaine sur 2 ans, l'augmentation est de 54 heures pour la LV2 au niveau du collège, étant observé que 2h30, selon les pédagogues, est au-dessous du minimum pour un enseignement efficace. Par ailleurs, la ministre a publié le 26 août une circulaire relative à l'établissement des cartes académiques des langues vivantes qui affiche la volonté d'offrir une diversité linguistique et de proposer « un choix de langues vivantes, dans toute la mesure du possible, dès le cours préparatoire ». Cette diversité doit notamment conforter l'enseignement de l'allemand. Il est précisé que « tout élève ayant étudié à l'école primaire une langue vivante étrangère ou régionale autre que l'anglais doit pouvoir poursuivre l'apprentissage de cette langue en classe bilangue dès la classe de sixième. »On pourrait se féliciter de tant de nobles intentions. Toutefois, ces mesures sont très largement compensées, voire surcompensées, par des dispositions inverses ou l'absence de ...->
Direction et rédaction : Christian Tremblay, Anne Bui
La Lettre de l'OEP est traduite bénévolement en allemand, anglais, bulgare, croate,espagnol, grec, italien, polonais, portugais,roumain et russe. Les textes sont accessibles en ligne. Merci aux traducteurs. Pour ajouter d'autres langues, Esta dirección de correo electrónico está siendo protegida contra los robots de spam. Necesita tener JavaScript habilitado para poder verlo.Esta dirección de correo electrónico está siendo protegida contra los robots de spam. Necesita tener JavaScript habilitado para poder verlo..
Vous pouvez aussi retrouver les Lettres précédentes en cliquant ici
  • Dans ce numéro
  • - Édito : Réforme des enseignements de langues vivantes : Vous avez dit « diversification » ?
  • - La ratification par la France de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires.
  • - Des articles récents à ne pas manquer
  • - Autres annonces et parutions
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->mesures d'accompagnement..
En ce qui concerne le premier degré, on peut s'étonner que les langues vivantes ne soient pas prises en compte dans les épreuves du concours de recrutement des professeurs des écoles. Il est seulement précisé qu'« un bon niveau dans une langue étrangère est également attendu », ce à quoi il faut ajouter qu'actuellement aucune formation en langues ne figure dans les programmes de formation pour les professeurs des écoles dans les ESPE (Ecole supérieure du professorat et de l'éducation). On pourra vérifier par exemple que dans l'Académie de Versailles l'enseignement d'anglais est prévu pour les professeurs en collège et que l'enseignement en allemand n'existe pas, la rubrique étant « à venir ». Autrement dit, il est actuellement exigé des futurs professeurs des écoles moins ...->
-> qu'au baccalauréat.
Il est dès lors difficile d'imaginer que les écoliers puissent bénéficier d'un enseignement de qualité et que puissent être mises en place à l'école primaire des classes dans une autre langue que l'anglais, sauf dans certains départements de l'Est de la France. On est en droit de penser que la circulaire sur les cartes académiques des langues vivantes n'a qu'une fonction d'affichage et est une manière de prétendre satisfaire aux engagements européens pour une enseignement précoce des langues. Ce n'est qu'apparence, nous savons, selon un rapport de l'Inspection générale, que depuis le début du développement de l'enseignement des langues à l'école primaire, aucun effet visible n'a été constaté sur le niveau en langues, essentiellement en anglais, à l'entrée au collège, et que même le niveau a baissé. Développer l'enseignement des langues à l'école sans formation des professeurs est une absurdité et un gaspillage consternant de l'argent public. Pour être moins sévère, nous dirons que l'Éducation nationale s'en remet au militantisme et à l'héroïsme des professeurs des écoles convaincus du rôle stratégique des langues vivantes, après bien sûr la langue nationale d'enseignement. Démarche bien peu professionnelle de l’Éducation nationale qui semble voir dans les langues vivantes une fioriture plutôt qu'en enjeu majeur. S'agissant du second degré, la suppression des classes bilangues a pour effet de priver les élèves dont les familles ne peuvent s'offrir l'enseignement privé des voies de l'excellence pour les langues vivantes. Les classes bilangues étaient, dès la première classe du collège, à la fois la voie de l'excellence en langue et un levier pour la diversification, dans la mesure où la certitude de voir assurée la continuité pédagogique de l'école primaire au collège permettait d'envisager avec sérénité la diversification de l'enseignement...->
->des langues dès l'école primaire. En supprimant les classes bilangues et en ne mettant pas en place les moyens d'un enseignement diversifié et de qualité à l'école, le ministère se met en contradiction avec lui-même et tue toute perspective de diversification, consolidant la monopole quasi absolu de l'anglais.
Sans doute, en sacrifiant les classes bilangues et les sections européennes, le ministère fait-il un choix budgétaire, mais c'est aussi le choix du saupoudrage et de l'inefficacité.
Les voies de la qualité et de l'efficacité impliquent une autre stratégie :
- formation de sprofesseurs des écoles
- rétablissement et développement des classes bilangues
- plan général de diversification des enseignements avec des cartes académiques des langues sur une durée de trois à conq ans.
Bien sûr cela a un coût, mais c'est le coût de l'ambition et un investissement pour l'avenir.?
PS : Voir plus bas la Campagne de cartes postales de l'ADEAF et de la FNAI.
La ratification par la France de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires.
Réformer la Constitution française pour ratifier la convention européenne des langues régionales et minoritaires, est-ce vraiment nécessaire ? La France fait partie avec l'Italie des 9 pays qui, ayant signé la Convention européenne des langues régionales et minoritaires, ne l'ont pas encore ratifiée. Dans son avis rendu le 30 juillet 2015, Le Conseil d’État a rappelé que le Conseil constitutionnel a jugé dans sa décision n° 99-412 DC du 15 juin 1999 que la partie II de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires, rapprochée de son préambule, « confère des droits spécifiques à des « groupes » de locuteurs de langues régionales ou minoritaires, à l’intérieur de « territoires » dans lesquels ces langues sont pratiquées et que ses dispositions « tendent à reconnaître un droit à pratiquer une langue autre que le français » dans la « vie privée » comme dans la « vie publique », à laquelle la Charte rattache la justice et les « autorités administratives et services publics ». Il en a déduit qu’en adhérant à la Charte, la France méconnaîtrait les principes constitutionnels d’indivisibilité de la République, d’égalité devant la loi, d’unicité du peuple français et d’usage officiel de la langue française. C'est donc pour un ensemble de raisons de fond tenant à l'histoire et à la structure de la république française, et non à la seule modification constitutionnelle de 1992 faisant de la ....->
-> langue française la langue de la République, que le Conseil constitutionnel a jugé que la Convention européenne ne pouvait être ratifiée On aurait pu penser que la réforme de 2008 par laquelle,parmi de nombreux ajustements constitutionnels, les langues régionales sont déclarées appartenant au patrimoine de la France aurait modifié la situation. Selon le Conseil d’État, qui ne mentionne même pas la réforme de 2008, l'incompatibilité constitutionnelle avec la charte européenne demeure, et la ratification créerait une une contradiction juridique facteur d'insécurité juridique.
Certes la ratification, d'après le projet constitutionnel, serait assortie de la déclaration interprétative du 7 mai 1999 que le gouvernement de l'époque avait accompagné de sa signature. Que dit cette déclaration interprétative ? Elle affirmait notamment qu’elle interprétait ce texte comme ..->
->ne conférant pas de droits collectifs aux locuteurs des langues régionales et minoritaires et n’allant pas à l’encontre du principe d’usage officiel du français énoncé par l’article 2 de la Constitution. Or, selon leConseil d’État, cette interprétation contredit l’objet de la Charte qui vise, dans des stipulations qui, en vertu de l’article 21 de ce traité, ne peuvent faire l’objet de réserves, à donner des droits aux groupes de locuteurs de langues régionales ou minoritaires et à permettre à ces locuteurs d’utiliser leur langue dans la sphère publique. Il nous semble que s'il y a contradiction entre l'interprétation de la Charte européenne par la gouvernement français et la Charte elle-même, alors la Charte est aussi en contradiction avec elle-même. Dans la Charte européenne du plurilinguisme, que l'OEP avait adopté à la suite des 1ères Assises en 2005 à Paris figure une formulation prémonitoire du débat actuel. L'OEP et ses nombreux rédacteur avait ainsi rédigé l'article de cette Charte intitulé « Pour une approche différenciée du plurilinguisme », « Au stade actuel de développement de l’humanité, nous pouvons proclamer que toutes les langues, en tant que témoignage de l’expérience humaine, doivent être préservées. Toutes les langues ne peuvent certes avoir la même vocation, dans l’ordre des sciences, du commerce, ou des relations internationales, mais toutes méritent d’être étudiées, utilisées, enseignées, en tant que système de référence intellectuel et culturel ouvert sur le monde. Le droit à la langue et à la diversité linguistique et culturelle ne se divise pas. La valeur de l'interculturel et du plurilinguisme étant affirmée, la protection et l'encouragement des langues régionales ou minoritaires ne sauraient se faire au détriment des langues officielles et de la nécessité de les apprendre. (Réf. : Charte européenne des langues régionales et minoritaires). » En fait, le préambule de la Charte européenne sur les langues régionales et minoritaires affirme également que la protection et la promotion des langues régionales ou minoritaires dans les différents pays et régions d'Europe représentent une contribution importante à la construction d'une Europe fondée sur les principes de la démocratie et de la diversité culturelle, mais que cette contribution s'effectue dans le cadre de la souveraineté nationale et de l'intégrité territoriale. Voilà donc une formulation qui ressemble à la réserve d'interprétation du gouvernement français et qui permet de penser que la Charte européenne organise elle-même la compatibilité entre des principes opposés : la reconnaissance de droits spécifiques d'une part et le respect de la souveraineté nationale et de l'intégrité territoriale.
On observera que dans la quasi-totalité des domaines, qu'il s'agisse de l'éducation, des médias, de l'action culturelle, la législation française a mis en place toutes les dispositions qui permettent de remplir les conditions de la Charte européenne. La dernière modification en date de 2014 prévoit que le Conseil régional est compétent « pour assurer la préservation de l'identité régionale et la promotion des langues régionales. » L'avenir des langues ...->
->régionalesdépend maintenant autant de la société civile que d'interventions législatives ou d'actions publiques volontaristes, notamment au plan local.
Qu'apporterait donc la ratification de plus qui n'existe déjà ? Il faut d'abord souligner que la Convention européenne vise non seulement les langues régionales mais aussi les langues minoritaires, territorialisées ou non. L'élément primordial est cependant que la ratification aurait pour effet de faire entrer la Charte européenne dans l'ordre juridique interne avec une valeur supérieure à la loi, ce qui veut dire que par la Charte il deviendrait impossible de revenir sur les législations et réglementations favorables aux langues régionales qui ont été adoptés. Outre l'aspect symbolique, c'est essentiellement cela l'apport de la ratification. Reste la question qui motivent bien des fantasmes, celles de procédures judiciaires en langue régionale par référence à l'article 9 de la Charte. La précision de la Charte « si nécessaire par un recours à des interprètes et à des traductions » montre bien qu'à l'égard de justiciables parfaitement francophones ce genre de scénario a quelque chose de surréaliste. La question a cependant toute sa pertinence à l'égard de migrants qui n'entrent précisément pas dans le champ d'application de la Charte. Difficile de revenir sur une législation multiséculaire, l'ordonnance de Villers-Cotterets de 1539 du roi François 1er, qui remplaça pour l'administration de la justice le latin par le français. Donc, il ne faut pas avoir peur de la Charte européenne sur les langues régionales et minoritaires, bien au contraire.?
 
 
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